Les yeux rivés
de Béchieau Elsa (France)

Les yeux rivés

Les yeux rivés.
Photographies.
1996 - 2004

A ma grand-mère

A la maison, lorsque j’étais enfant, un fanion vert blanc rouge, décoré d’une étoile et d’un croissant de lune, surplombait les étagères de la bibliothèque. Un été, dans les gorges de la Mitidja, j’ai vu des singes bondir entre les rochers. Dans la voiture il faisait trop chaud et l’air attrapé en ouvrant la fenêtre me suffoquait. Maintenant je regarde les visions des autres pour imaginer ma mémoire.
Elsa Béchieau, mai 1999

Ma mère et ma grand-mère sont parties. Cela fait un moment que je n’ai pas regardé ces images. Depuis, j’en ai réalisé là-bas, dans la ville blanche et puis ici, à Paris, dans le petit parc, encerclé de tours et d’imposants immeubles. Ici, parfois, un soleil paisible s’étire paresseusement et nous laisserait songer que l’existence brille tout autant.
Après la journée de travail, assise parmi d’autres femmes, je regarde nos enfants courir sur l’air de jeu remise à neuf pour les beaux jours.
Demain, dans la soirée, nous sommes invitées à rejoindre, place de la République, un rassemblement contre les retrouvailles de dirigeants puissamment déviants.
Aux portes de la Kabylie, de nouveaux attentats ont eu lieu il y a deux jours. Alors, mes yeux se rivent encore vers la mer et son autre côté.
La lumière du soleil me renvoie des images partielles de scènes familiales, ou de ville encombrée, de vieilles femmes solennelles et de figures d’enfants souriants. Et je sais alors, que ce qui s’est passé est définitivement inachevé et mobile, à venir.
Elsa Béchieau, juin 2008

BAZOUAM, UNE EXPOSITION HOMMAGE AUX CRéATEURS- ARTISANS

Caroline Blache

2017-04-24 10:04:20

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