La fuite des cerveaux
de Naboutawo Bourges (République du Congo)
La fuite des cerveaux, qui est une forme d’émigration, est un phénomène qui frappe toute l’Afrique, où il pose un sérieux problème pour le développement du continent.
Chaque année, de nombreux étudiants africains quittent le continent pour aller poursuivre les études à l’étranger, plus précisément en Europe. Malgré différents critères d’obtention de visa, qui tiennent compte plus des ressources financières que du projet d’étude de l’étudiant, plusieurs parviennent à effectuer ce saut, bien que d’autres soient écartés faute de moyens financiers. La plupart de ces étudiants n’ont pas d’autre choix que de partir à l’étranger, en raison de l’accès restreint aux universités nationales, de la médiocrité de la qualité de l’éducation ou encore du manque de variété dans les choix des filières proposées.
Une formation hautement qualifiée est un atout pour les étudiants africains en Europe, afin de mettre à profit et de valoriser les connaissances et l’expertise acquise au service de la jeunesse intelligente de l’Afrique et au service de leur pays d’origine. Mais, une fois le diplôme en main, retourner en Afrique à la fin de ses études devient une décision difficile à prendre, par rapport aux conditions de vie dans les pays d’accueil comparées à celles de l’Afrique. La plupart de ces étudiants choisissent de rester et de continuer leurs vies dans les pays d’accueil au lieu de repartir dans leurs pays d’origine : cela entraine une grave carence pour le continent sur le plan du retour des personnes qualifiées.
Alors, avec un manque de personnel hautement qualifié, peut-on parler de développement du continent africain ? Non, pour une Afrique qui se vide de sa matière grise et de ses compétences. En parlant de développement de l’Afrique, la fuite des cerveaux africains peut être considérée comme un frein à son développement.
Le chômage, le manque de bien-être social, le manque de bonne gouvernance, le "tribalisme" font partie des causes qui évaporent des centaines et des milliers de personnes, s’installant à l’étranger pour trouver des meilleures conditions de vie, de travail ou de rémunérations ; choses qu’ils devraient retrouver dans leurs pays d’origine.
En somme, pour remédier à l’évolution de ce phénomène, un seul point clé peut permettre de freiner cela : c’est offrir un environnement favorable sur le plan de l’emploi, de la sécurité, et de la bonne politique économique.
Bourges Naboutawo