La fenêtre ne suffit pas nous avons besoin de plus de lumière


Hatim GHANIM

Oui, je dois construire ma maison ici, je veux avoir un endroit pour me reposer
Oh… ! J’ai oublié le mirroir derrière moi
J’ai beaucoup changé
Avant 35 ans j’étais fort et plus souriant
Mon existence ici est normale et les autres pensées sont inutiles
La mémoire est immortelle
Nous grandissons et nous mourrons et les êtres humains pensent qu’ils mourront et ne grandiront plus.
Où vais-je ? Je ne sais pas.

Aujourd’hui, 4 avril. Chambre n°20. Ville de Saint-Jean-le blanc. Il est 6h.
Le programme d’exposition : Ouverture sur le Soudan
La fenêtre ne suffit pas, nous avons besoin de plus de lumière.
Je suis venu je ne sais pas d’où, mais je suis arrivé.
40 ans que je suis ici dans cette chambre. Croyez-vous cela ?
Cette invitation veut dire beaucoup de choses, c’est l’histoire et la mémoire pour toujours.
Les peintures d’un artiste. Couleurs, pinceaux et silence.
(...)

Longue journée, longue vie
Nous attendons les autres.
Que fait cette voiture, pourquoi stoppe-t-elle ?
Quelle est la direction, qui arrive?
C’est une situation critique
Qu’est-ce que cela signifie ?
Pourquoi je suis ici maintenant ?
Et jusqu’à quand je serai ?
Q’est-ce que j’ai fait, pour mériter la pauvreté et la misère ?

Je sais, je suis venu dans un monde qui ne donne pas de temps pour l’humanité.
Je sais que je suis venu dans un temps où il n’y a plus de confiance et de compassion.
Un temps où le plus fort a toujours raison.
Je dévoue mon temps, mon talent pour offrir quelque chose à l’humain, mais c’est inutile. Il n’y a pas de place pour la joie et le sourire sur mon chemin.
Je dois partir maintenant
(...)
Demain le vent soufflera dans le bon sens.
Demain, les choses iront mieux.
Demain ma pauvre vie partira, tout ira bien.
Dieu seul sait qui je suis.
Maintenant j’aimerai pointer pour toujours
en premier je suis resté moi même 30 ans
J’ai regardé le déplacement des gens avec des yeux attentifs et un regard aigu
Avec mes sentiments, j’ai construit une maison pour moi et je l’ai utilisé pour traiter les êtres humains avec respect.
Je les aime et leur dirai d’autres choses sur leur vie qu’ils ne savent pas.
L’humanité est précieuse mais je suis sûr aujourd’hui que je coule dans la mer de l’humanité.
Ai-je trouvé quelqu’un pour m’arrêter ?


Hatim Ghanim



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