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Ce sont des compositions créées à l'occasion de la semaine consacrée aux auteurs contemporains africains au Théâtre du Vieux colombier à Paris en juillet 2005. Elles se veulent avant tout une approche sensible des quatre écrivains choisis (Dieudonné Niangouna, Koffi Kwahulé, Marcel Zang et Koulsy Lamko). Au-delà du portrait conventionnel, il s'agit d'une composition plastique en rapport avec chacun des auteurs. L'écoute de leurs mots, de leurs objets, de leur environnement, a construit le sens de chaque ensemble ; le résultat est sensiblement différent d'un portrait à l'autre.
Faire le portrait d'une personne est toujours soumis à son bon vouloir ; un jeu fluctuant entre ce qu'elle souhaite montrer ou laisser dévoiler et ce qui se voit malgré elle... La confrontation entre le photographe et le photographié se joue ordinairement en un temps court et donne lieu à quelques images. S'agissant d'écrivains, j'ai souhaité par ce travail élargir le champ en m'imprégnant de leurs textes et en partageant un temps plus long avec eux dans leur quotidien.
Ma première rencontre avec les auteurs était volontairement avec leurs textes, je souhaitais percevoir quelques fils rouges qui me guideraient... Aussi, j'ai pensé que les objets et les lieux importants pour eux pourraient me guider.
La rencontre chez chacun s'est évidemment faite selon des modes différents, en fonction de leur personnalité et leur degré de connivence. Pour certains, les lieux étaient désincarnés, pour d'autres les objets n'avaient pas d'importance ; parfois leur histoire liée à l'Histoire prenait le dessus. Les filigranes que j'ai trouvés dans leurs textes se sont avérés justes, mais toujours enrichis par les commentaires confiés lors de nos échanges.
Les titres font partie intégrante de l'œuvre de la même manière que les mots inclus dans les images. En général, ils font référence aux histoires personnelles des auteurs qui se retrouvent dans leurs écrits. Ils font parfois référence à leur poésie ou leur imaginaire (Marelle, Métamorphose, Caravagesques, Magie Noire), ou à leur attitude (Urgence, Brelan, Le Magicien). Formellement, les séries se sont imposées en travaillant, ce n'était pas un souhait de classification.
J'espère que le travail accompli révèle aussi bien les aspects de leur œuvre que de leur personnalité, une sorte de pont visuel entre les deux. Il révèle des choses et par conséquent en occulte d'autres... Les facettes sont multiples et les portraits restent toujours "latents".
Nabil Boutros, janvier 2006