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Downtown memories
Toutes ces photographies ont été prises à Marrakech, ma ville natale, au sein de quartiers dont on ne cite jamais le nom. Des quartiers périphériques, oubliés, mais qui aujourd’hui deviennent majoritaires. Il s’agit à mon sens du Maroc actuel, du quotidien réel des gens.
Des quartiers bâtards, confus et désordonnés, empreints de coutumes locales, et calqués sur une réalité qui se veut occidentale. Un mélange outrageux d’orient et d’occident, épicé à la marocaine.
Toutes ces images ont été réalisées dans ces quartiers, et je me suis mis dans la peau de l’adolescent qui y grandit (ou de la mienne ?...), qui va voir cet espace devenir sa réalité quotidienne, un espace qui sera intimement associé à ses souvenirs, un espace dont les murs seront empreints de ses souvenirs et de ses émotions. À travers ces images, j’ai voulu mettre en évidence une forme de beauté, une forme de poésie là où elle semble être absente. Des images floues et confuses, telles la mémoire, où seule subsiste une trace, un jet de lumière. Et un brin d’émotion.
C’est un travail qui rejoint le thème de « Jonathan Livingston Le Goéland », qui revient à sa décharge natale…
J’ai eu envie d'appeler cette série « mémoire d’une ville », mais j’aurais pu aussi lui donner comme titre « miroir de mon enfance », allusion à ce bout de verre (le pare-brise de ma voiture), filtre à travers lequel j’ai pris ces images, qui a rendu ces photos floues et confuses, et qui fonctionne comme le filtre de la mémoire. Il sépare le souvenir de l’oubli, le conscient de l’inconscient… Et qui, au final, vous projette dans l’enfance, en faisant resurgir ses émotions oubliées ; un peu comme un miroir.